Furtif
Arrivé par hasard, resté par opportunité, aime les disques, a vu Yvette Horner en concert et n’a pas de lecteur mp3.
« Putain putain, c’est vachement bien, nous sommes quand même tous des Européens » : l’évidence même pour envisager ce Mercredix. En 1983, l’Europe joue à dix, l’Espagne et le Portugal ne font pas encore partie de ce qu’on appelle encore la CEE ; et Arno, période TC Matic, scande son enthousiasme pour l’Europe en construction. Et pourtant, qu’il est ardu de recenser de vrais titres consacrés à l’Europe, et non pas seulement à des pays, des villes ou des hymnes continentaux.
Plus globalement, l’Europe se prête davantage à des pamphlets (souvent nationalistes) de chansonniers et des railleries qu’à des déclarations d’amour comme a pu réaliser le TC Matic. Et quand elles existent malgré tout, elles sont souvent le fait d’institutions ou de formations maladroites, plongées dans un grand bain de (...)
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La lassitude pointe, le manque d’enthousiasme grève mes velléités les plus infimes. Et puis il y a tous ces albums qui me font de l’œil alors que j’en suis encore à découvrir des groupes d’avant-hier avant de penser à ceux de demain. La seule envie, c’est celle de tirer le rideau pour l’été ici, de prendre une pile de bouquins et de mettre sur la platine seulement des disques d’avant la fracture sociale. Pour me changer les (...)
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Quand j’aurai vieilli, que j’aurai atteint l’âge du raisonnable et que l’ensemble de ma famille cessera de me considérer comme l’éternel étudiant malgré mes cheveux blancs naissants et le très vieux souvenir que constitue la carte 12-25 chez moi, quand je serai plus âgé, disais-je, je me demande si je devrai cesser de voir ma vie comme une joyeuse improvisation. J’imagine qu’il me faudra anticiper et réfléchir « en adulte ». Un jour.
Pour le moment, je porte toujours des tee-shirts colorés, des baskets de l’espace, je sors jusqu’à des heures que la morale et l’hygiénisme réprouvent, je vide des verres d’armagnac accoudé dans les cuisines d’amis noctambules, je pars sur un coup de tête et je ne sais pas de quoi la semaine suivante, débarrassée de ses obligations légales, sera faite. Ce bricolage perpétuel est rassurant, il y a l’idée que rien n’est figé, que dehors, tout reste à faire et que la voie est libre. (...)
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