
Music for toys : joy music
C’est à un jet de caillou à peine des pavés foulés précautionneusement par un Zim’ encore jeune, sur la pochette glacée de The Freewheelin’ Bob Dylan - au moment de quitter sa boutique les bras pleins de vinyles sentant le papier jauni et dont le cartonnage bouloche un peu aux jointures, le disquaire du bas de la rue vous dirait même d’aller trouver une fille, n’importe laquelle, et de refaire la photo. Au débouché de cette fameuse Jones St se niche le Music Inn, dans la 4e St new-yorkaise. La porte vitrée, en grande partie mangée par un programme des concerts à venir dans la ville, s’ouvre sur caverne des plaisirs mélodiques, d’où tombent par grappes des stalactites d’instruments, des plus communs aux plus étranges.
Dans la chaleur des bois patinés, le tintement des clochettes effleurées, le souffle des cordes frissonnantes au passage d’un grand échalas louvoyant, trop précautionneux de ses jambes pour en oublier ses bras, la boutique ressemble à une caverne où un djinn bienveillant, à l’oreille sans doute plus élaborée qu’aucun autre de ses compères, aurait entreposé tout ce qui sonne délicieusement aux oreilles. Voilà un conte aux tintinnabulements bien réels, aux rouages, aux cordes qui plairait aux esprits curieux.
Cet émerveillement face à tant d’ingéniosité sonore, tant de surprises mécaniques, tant d’ébahissement naïf n’est pas l’apanage d’une rêverie éclairée à Greenwich Village. A partir de demain à Paris s’ouvre Music for toys, festival dédié aux musiques orchestrées avec des jouets. Et au Music Inn comme dans les lieux investis par Music for toys, une sorte de même esprit respire : inventif, curieux, joliment agencé.
Déjà éprouvé avec bonheur l’an dernier, le festival se déroule de demain vendredi à dimanche, en trois lieux différents (1Bis à Ivry, plage du Glazart et L’International).
Porte ouverte donc à ceux que les sonorités inspirent, que le bidouillage excite. Gratuit, le festival ouvre la porte des chambres d’enfants. Mais il serait bien réducteur de n’y voir qu’une lubie. Jouer avec les melodicas, xylophones et autres Dictée magique n’est pas une affaire simpliste.
La présence de David Fenech, inventeur, novateur et musicien passionnant dans ses recherches ludiques en est la riche illustration. Il viendra accompagner le bateleur bordelais Kim, pour un concert en forme de toy orchestra demain soir.
L’année dernière, lors de la première édition, l’analogique coloré avait fait merveille au Divan du monde. Cette année, les petites mains de Music for toys ont invité des groupes d’Espagne, de Belgique, de Suède et d’Angleterre. Michael Wookey - déjà vu lors de notre toute première soirée de poche - composera sur scène ses productions folk saupoudrées de toy piano. On retrouvera également, et entre autres, les pièces toutes en dentelles sonores de Chapi-Chapo.
Étonnant et peu commun, voilà un festival dont le principe nous plaît. Loin d’être étrangère à tout cela, une exposition débute en parallèle au musée des Arts décoratifs : Musique en jouet (on conseille notamment l’opéra pour 100 Nabaztags). Et comme rien ne serait complet sans un hommage à Pascal Comelade, utilisateur émérite et ravissant de toy piano, une compilation a le bon goût d’être publiée concomitamment.
Music for toys vous fait gagner cinq compilations K7 "Music for toys #2", pour cela, il suffit d’envoyer un mail à blogotheque@gmail.com La même compilation, comprenant une palette plus large de groupes utilisant des jouets, est disponible pour 10 euros et leur permet de financer le festival.
A lire également, un article consacré au jouet dans la musique, chez Fluctuat.







Music for toys : joy music
Je recommande vivement le dernier album de Chapi Chapo ainsi que le précédent chez error-lofi (free dld)
http://netlabelsrevue.blogspot.com/
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26 juin 2009, par benoit